Reponse Apres Effondrement


Réponse à la vidéo "La théorie de l'effondrement est-elle catastrophiste ?"



Récemment, au détour de mes aventures dans les milieux collapsologiques je suis tombé sur la vidéo "La théorie de l'effondrement est-elle catastrophiste" de la chaîne YouTube "Après l'Effondrement". La voici :

Cette vidéo fait le point sur la théorie de l'effondrement et ses éléments clés. Il me semblait donc intéressant d'en faire une critique pour mettre en lumière des points bancales de cette si populaire "théorie de l'effondrement" en expliquant les failles de cette pensée. Cette chaîne YouTube que je conseille même si vous n'êtes pas de leur avis apporte un point de vue intéressant et adopte une parole assez neutre en présentant ses propos.
Aujourd'hui nous allons donc émettre une critique constructive de cette vidéo en reprenant points par points les arguments énoncés.

Principe de biocapacité

Après une définition de la théorie de l'effondrement et de la collapsologie (en ayant très justement dissocié ces deux termes), on arrive au première argument : notre civilisation aurait dépassé la biocapacité c'est-à-dire qu'elle prélève sur l'environnement bien plus que ce que l'environnement est capable de générer.

On nous renvoie par la suite vers une vidéo de la série "NEXT" (sur l'environnement) consistant en une explication par Arthur Keller de ce prétendu dépassement de biocapacité :

Arthur Keller développe la pensée selon laquelle l'humanité consommerait plus de ressources en une année que ce que la terre pourrait fournir sur la même période. Pour cela, il se base notamment sur le principe du jour du dépassement.

Problème ? Cette théorie est trompeuse

Elle a en effet fait l'objet de nombreuses critiques car elle incorpore ensemble des données qui n'ont rien à voir les unes entre elles.

Michael Schellenberg, fondateur de l'association "Environmental Progress" et du think thank "Breakthrough modernisme" est l'une des voix à s'être élevé contre l'utilisation mensongère faite du principe d'"empreinte carbone" sur lequel est fondé le jour du dépassement. Celui qui a reçu en 2008 le prix de "Héros de la planète" pour son engagement environnemental par le New York Times déclare que "le jour du dépassement n'a aucune valeur scientifique."

Pour ce faire, il se base sur un certain nombre de données dont un article scientifique paru dans la revue PLOS Biology intitulé "Does the Shoe Fit? Real versus Imagined Ecological Footprints".

Ainsi, il y est révélé que cinq des six mesures qui composent l'empreinte écologique sont en réalité en équilibre ou excédentaire et que seules les émissions de carbone de l'humanité étaient déséquilibrées.

Ces six indicateurs sont les émissions de carbone, les terres cultivées, les terres bâties par l'homme, les pâturages, la pêche et les zones forestières.
En se basant sur les résultats de l'étude, il apparaît ceci (les barres rouges indiquent un déficit, les barres bleues sont en surplus) :

journal.pbio.1001700.g001.png

C'est en additionnant toutes ces données que l'on trouve l'affirmation qui a fait les gros titres des journaux ces dernières semaines comme quoi il faudrait 1.7 planètes pour garder le niveau de vie de la population mondiale et 2.9 planètes si toute l'humanité vivait comme les français.

Aucune des cinq catégories d'utilisation des terres non carbonées ne présente de déficit écologique substantiel, ce qui suggère qu'il n'y a pas d'épuisement des terres cultivées, des pâturages, des forêts, des zones de pêche et des terrains bâtis à un niveau global. Ce résultat provient du fait que les comptes des terres cultivées, des pâturages et des terrains construits sont construits de manière à ce qu'ils soient toujours proches de l'équilibre, l'empreinte de la consommation étant par définition presque égale à la biocapacité.

On se rend tout de suite compte de la tromperie occasionnée par ces données : on ne parle pas ici d'utilisation de ressources naturelles mais d'émissions de carbone non compensées par la nature (non captées par les forêts).
Donc ce n'est pas du tout une question de ressources qui viendraient à manquer, c'est faux. Il s'agit d'une question d'émission de carbone et de captation de carbone.
Cela signifie concrètement que nous ne consommons pas plus de ressources que nous n’en disposons. Au contraire, nous en consommons parfois "trop peu" ! Par exemple, la biocapacité naturelle de la terre en termes d’espaces forestiers est de 0.73 hectares par personne et par an et nous n’en consommons en moyenne que 0.27 hectares par personne chaque année. De la même façon, nous avons beaucoup plus d’espaces de pâturages disponibles que nous n’en consommons : 0.21 hectares par personne disponibles contre 0.16 utilisés.

Et il ne s'agit pas de théories climato-sceptiques, le GFN prouve-lui même dans un document destiné à expliquer sa méthode ce qu'affirment les sources citées ci-dessus. Voici ce qu'on trouve dans ce document :

gfn1.png

Puis par la suite, dans un tableau explicatif il est clairement énoncé que seuls ces sols énergétiques fictifs sont en déficit (les chiffres diffèrent légèrement de ceux cités ci-dessus car datent de 2005 tandis que ceux cités précédemment étaient plus récents) :

gfn2.png

Par conséquent, tout le dépassement écologique provient de la mesure de la vitesse à laquelle le dioxyde de carbone s'accumule dans l'atmosphère. En effet, si l'on exclut le carbone, la biocapacité mondiale dépasse l'empreinte de la consommation d'environ 45% en 2008. Autrement dit, on consomme bien moins que ce que la terre produit.

Comment arrive-t-on à ces chiffres affirmant qu'il faudrait 2.9 terres pour vivre comme un français ? Comme expliqué ci-dessus tout simplement en convertissant les émissions de carbone de l'humanité en la surface de forêts qui serait nécessaire pour toutes les capturer. Un procédé tout à fait malhonnête ignorant ainsi tous les autres moyens d’absorber ou de ne pas émettre de CO2.

Autrement dit le premier argument est faux, il n'y a pas de dépassement de la biocapacité, et les défenseurs du jour du dépassement mettent ensemble des données qui n'ont rien à voir.

Baisse de la production des sols

Par la suite l'auteur de la vidéo nous parle de la baisse de production des sols.

Problème ? Ceci est factuellement faux.

Dans leur ouvrage "Pour une agriculture mondiale productive et durable" publié en 2011,Michel Petit et Pascal Tillie nous apprennent que "La tendance générale de l’évolution de la production de céréales est une croissance régulière en dépit de variations inter- annuelles qui s’expliquent principalement par les aléas climatiques. La production a doublé au cours de cette période de trente-huit ans, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 2,5 %, soit substantiellement supérieur au rythme de la croissance de la population mondiale (environ 2 % par an)."

Ils expliquent par la suite que "Le doublement de la production céréalière s’explique essentiellement par une augmentation des rendements, la surface totale dévolue aux céréales n’ayant crû que d’environ 10 % au cours de cette période de trente-huit ans".

De plus, il convient de préciser que nous pouvons dors et déjà nourrir deux fois la population mondiale, et que le problème n'est qu'un problème de gaspillage et de mauvaise répartition. De plus, diminuer même légèrement la consommation carnée augmente considérablement la production de nourriture (c'est ce que préconise le GIEC). Et ça c'est sans parler des fermes urbaines et autres techniques alternatives dont le YouTubeur PoissondFécond a parlé dans une vidéo très intéressante.

Aussi, l'érosion touche, selon le GIEC, 17% des terres (4% en Europe). Encore une fois nous ne sommes pas au niveau d'une apocalypse mondiale. Une érosion qui, rappelons-le, n'est pas définitive.

De plus, il convient de préciser que dans un document de la FAO sur ce sujet, celle-ci nous informe que "les pertes de production (2 à 5 %) sont modestes et facilement compensées à l'échelle régionale par l'emploi de nouveaux intrants (engrais, drainage, mécanisation du travail du sol)". En réalité, il s'agit plutôt d'un problème économique et social pour les petits paysans majoritairement pauvres qui risqueraient de voir leurs revenus diminuer.

Dans ces conditions, on voit mal comment un effondrement serait possible.

Chute du phénomène de pollinisation

Nous avions déjà évoqué ce sujet ici. Nous avions expliqué que pour ce qui est des études sur les abeilles sauvages, en Europe celles en voie d'extinction ne représenteraient que 9.2% des espèces, dont seulement 5.2% dans un avenir proche (préoccupant mais pas un signe d'apocalypse), selon les chiffres de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Au total il y aurait 150 espèces en déclin (attention, en déclin ne signifie pas en voie d'extinction), 244 stables et 13 en augmentation. Bref, loin de l'apocalypse annoncée.

De plus, selon selon Marcelo Aizen, professeur titulaire à l'École d'écologie de l'Université nationale de Comahue, en Argentine dans une étude publiée dans le journal scientifique Annals of Botany, en l'absence de pollinisateurs, les rendements agricoles mondiaux diminueraient d'entre 3 % à 8 %.

D'autant plus que nous pouvons artificiellement polliniser les plantes. Des nano-robots pollinisateurs sont déjà en fonctionnement. Une étude de Dronecopter nous informe que ce type de procédé augmenterait la pollinisation de 25 à 60% pour ce qui est des cerises et des amandes, et que les fleurs sont d'emblée de tailles plus conséquentes qu'avec les abeilles.

Pénurie de phosphore

Ce point n'est pas directement énoncé par la vidéo mais il me semblait important de le traiter car il se rapproche des problématiques d'agriculture.

Il s'agit en effet d'un argument de nombreux collapsologues : le phosophore vient à manquer ce qui signifierait une baisse énorme des rendements agricoles.

Cependant la situation n'est en réalité pas aussi primaire.

Tout d'abord qu'est-ce que le phosophore ? Le phosphore est un élément indispensable à la vie, utilisé sous forme minérale pour optimiser la croissance végétale ou animale. Il a contribué a triplé les rendements de blé, notamment.
Or, selon les scientifiques de l'université de Rostock 2035 pourrait être l'année de la pénurie de phosphore.

Il conviendrait cependant de préciser que ce chiffre a depuis été grandement réévalué. D’après l’agence fédérale allemande pour les matières premières, les réserves mondiales en phosphore atteignent 71 milliards de tonnes, dont 77 % se trouvent au Maroc. Cela tranche avec les estimations des réserves mondiales d'il y a 10 ans qui tablaient sur 17 milliards de tonne (depuis ces chiffres de nombreuses nouvelles sources ont été découvertes au Maroc).

Le site "engrais-agriculture" nous informe ainsi qu'au niveau actuel de consommation – la majeure partie est absorbée par les engrais en agriculture-, nous pouvons tabler sur 385 années de stocks de phosphore.

Quand bien même, il convient de dédramatiser la situation. De la même manière qu'une pénurie de pétrole, une pénurie de phosphore ne se produit pas du jour au lendemain, et les acteurs du milieux ont largement le temps de s'adapter. Comment ? Nous savons utilisé du phosphore recyclé, promenant de Mafor (matières fertilisantes d'origine résiduelles) - typiquement des excréments humains, de l'urine humaine (boues d'épuration - Deux laboratoires expérimentaux se trouvent à Offenbourg et à Berlin), des effluents d'élevage, des composts, des digestats de méthanisation, de cendres ou encore de biochars. La recherche en biologie végétale devrait également favoriser les économies de matière.

Si on s'intéresse au biochar notamment, on se rend compte que cet amendement agricole issu de la biomasse possède de très nombreux avantages : réhumification des sols, amélioration de la rétention d'eau, stimulation du système immunitaire des plantes. Il peut également contribuer à la séquestration du carbone dans les sols végétalisés durant des centaines de milliers d'années.

En ce qui concerne l'urine humaine, elle est un excellent réservoir de phosphore, d'azote, et de potassium. Elle pourrait donc être réutilisée à grande échelle dans l'agriculture dans le cas d'un plan de recyclage mondial.

Enfin, la transgénèse apparaît comme une approche encourageante également. Certains scientifiques ont mis au point des plantes capables de développer davantage leur système racinaire et ainsi, récupérer plus de phosphate provenant du sol.

Les énergies fossiles

L'argument suivant énoncé dans cette vidéo est celui des énergies fossiles. Selon l'auteur, 80% de l'énergie mondiale provient de sources fossiles.

Cependant, il ne faut pas aller si vite en besogne.Nous savons en effet déjà nous passer de cette énergie fossile. Et non content d'être possible cela est très rentable économiquement.

Nous avions déjà évoqué que nous pourrions assez efficacement alimenter le monde entier en énergies renouvelables, par des sources locales dans chaque pays ou alors par la construction de centrales énergétiques dans les déserts.

En outre nous pourrions largement alimenter toute la France en énergie renouvelable (de manière efficiente, non de manière lacunaire et carbonnée comme l'Allemagne). Si cela est possible pour la France, cela est possible pour les autres pays.

La France, d'ailleurs, parlons-en. La part d'énergies fossiles dans la production nationale est de 7.2% seulement. Encore une fois, si la France l'a fait les autres pays peuvent le faire.

La France se repose notamment à 71.7% sur l'énergie nucléaire.

Mais le nucléaire n'est pas une énergie infinie, me diriez-vous. L'uranium est limité.

Certes, vous auriez raison. En revanche il faudra attendre un bon bout de temps avant d'être en pénurie. En effet, selon l'inventaire de l'ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) estime les stocks d'uranium appauvris à environ 300000 tonnes.

Sachant qu'un arc de réacteurs à neutrons rapides (il existe des réacteurs à neutrons rapides Russie et près de Pékin déjà et la France investit dedans) en consommerait une cinquantaine de tonnes par an à production électrique constante (~400 TWh), on a 6000 ans de réserves sur le territoire. Cela seulement pour la France.

Ceci sans parler des réacteurs au thorium qui ont existé ou des réacteurs à fusion nucléaire qui pourraient exister (sans oublier que, comme dit plus haut, même sans nucléaire on sait s'alimenter totalement en énergies renouvelables, c'est juste plus cher).

Et encore une fois, il n'arrivera pas d'un seul coup un jour où nous manquerons totalement de pétrole, cela se fera progressivement, plus on s'approchera de la faim plus le prix du pétrole augmentera donc des gisements jusqu'alors considérés comme non-exploitables le deviendront ce qui fera encore plus reculer la fin du pétrole et durant ce temps (qui peut s'étendre sur 50 ans) les acteurs auront largement le temps de s'adapter (le pétrole deviendra plus cher donc moins compétitif et les industries alternatives seront grandement favorisées, et ce de manière exponentielle). (De plus la France dispose de 10 ans de pétrole dans son sol à consommation actuelle qu'elle a cessé de récolter, ce qui pourrait être utilisé dans le cas ou de manière magique le pétrole viendrait à totalement disparaître dans le monde du jour au lendemain - ce qui est impossible pour des raisons évidentes - pendant une période de transition accélérée - 10 ans est largement suffisant).

Réchauffement climatique

En ce qui concerne le réchauffement climatique, nous avions déjà prouvé ici qu'il ne mettait, même dans le pire scénario, pas la pérennité de la civilisation en question.

Dépendance au pétrole du réseau mondial

Encore une fois, c'est récurrent chez les collapsologues, il est fait fi de toute possibilité d'indépendance vis-à-vis du pétrole. L'argument ici évoqué est simple : le système de transport mondial fonctionne au pétrole. Sans pétrole plus de transport mondial (on fait ici référence aux cargos de marchandises principalement).

Problème ? On sait tout à fait se passer du pétrole.

Nous avions déjà en partie évoqué ce phénomène ici. Nous savons tout à fait (et c'est déjà fait) créer des bateaux à l'hydrogène, créer des avions à hydrogène, créer des véhicules à hydrogène ou électrique. Précisons ici que nous parlons d'hydrogène généré à partir d'électrolyse de l'eau alimentée par des sources électriques renouvelables (c'est fait au Japon, par exemple).

La Norvège est par exemple en train de construire un cargo 100% hydrogène.

En outre, des barges porte-conteneurs tout électrique sont en construction au Pays-Bas, notamment par la société Port-Liner. Voici une image de synthèse de leur bateau en construction :

cargos-tesla-electriques-energie-renouvelable-europe-1.jpg

Changer la flotte mondiale coûterait astronomiquement cher, me diriez-vous ? Cela est faux. En se basant sur les chiffres de 2006, la flotte mondiale comprenait 3 500 porte-conteneurs (disons 4 500 aujourd'hui, chiffre fixé arbitrairement).

Avec un coût de 500 millions d'euros (chiffre fixé arbitrairement en multipliant par plus de trois fois le prix du plus gros porte-conteneur français) par cargo, cela fait 2 250 milliards. Sur une période de, disons 10 ans, cela fait 225 milliards par an. Totalement abordable (à titre de comparaison la BCE a injecté 4000 milliards dans l'économie depuis 2011…).

Sans oublier que, et c'est déjà le cas, on sait faire financer des bateaux à l'énergie nucléaire. Le NS Savannah américain dont une photo est affichée ci-dessous est par exemple un exemple de navire à propulsion nucléaire civile.

NSsavannah-1962.jpg

En outre la Russie possède par exemple des brise-glace à propulsion nucléaire comme le Yamal :

NSF_picture_of_Yamal.jpg

Ou encore le NS 50 Let Pobedy :

50letPob_pole.JPG

Nous pourrions également évoquer les agrocarburants.

Un minimum de connaissances économiques et de réflexion suffisent à comprendre que plus on se rapprochera de la fin du pétrole (le pik oil s'étendra sur de nombreuses années rappelons-le), plus ces cargos alternatifs deviendront compétitifs et plus les industries investirons dedans pour progressivement remplacer (ou du moins améliorer, on peut changer le système de propulsion d'un navire sans avoir à changer ledit navire dans sa totalité) la flotte mondiale.
Encore une fois les acteurs auront le temps de se préparer, et cela représente en plus une manne financière énorme.

Effet interrupteur

Cette théorie adaptée à la société se base sur la biocapacité dont nous avons prouvé auparavant qu'elle était, outre le carbone, en équilibre et n'est donc pas recevable scientifiquement.

Une décroissance forcée quoi qu'il arrive

Ce propos se base toujours sur l'empreinte carbone évoquée plus haut dont nous avons vu que l'utilisation qui en était faite était biaisée.

Effet rebond

Cet effet rebond est facilement endiguable par des mesures politiques et ne s'applique pas à tous les cas évoqués plus haut. Pour faire simple si on avait un parc 100% renouvelable les ménages consommeraient plus selon cette théorie. Il est facile d'imaginer comment régler ce problème : via des taxes économiques, des interdictions etc. De plus même dans ce cas les avantages de ce parc renouvelable ne seraient pas contre-balancés par cet effet.

Verrous systémiques

Cette théorie est en réalité très bancale mais en même temps très intéressante. Selon elle toutes les mesures à prendre ne peuvent pas être prises tant le système est verrouillé. En réalité ce n'est pas le système qui est à blâmer, mais les dirigeants de ce système. Or il est tout à fait possible d'imaginer l'arrivée au pouvoir d'un mouvement ambitieux et courageux pour le développement durable qui serait capable d'adapter la société en profondeur (c'est ce que nous prônons à travers notre mouvement).

De plus, pour ce qui est d'un certain nombre de domaines comme l'agriculture, les domaines du transport évoqués ci-dessus ou même de la production électrique, il faut préciser que les principales avancées peuvent, du fait de notre système libéral, venir des entreprises (qui ont beaucoup à gagner) et non du monde politique. Les entreprises n'ont pas à attendre des décisions politiques pour commercialiser en masse des voitures décarbonnées, des cargos à hydrogène/électriques, des systèmes de recyclage avancés, des parcs renouvelables etc. Tout cela peut être mis en place (et c'est déjà le cas) par des investisseurs privés. Dans ce cas cette théorie des verrous systémiques atteint ces limites.

Conclusion

En conclusion cette vidéo était très intéressante en ce qu'elle synthétisait de nombreux arguments souvent évoqués. Nous avons vu dans notre développement que des solutions existent, non seulement elles sont possibles mais elles seraient profitables économiquement aux acteurs qui les mettraient en oeuvre et toutes les théories économiques tendent à nous prouver qu'elles seront mises en oeuvre.

Le point positif de la vidéo de "Après l'Effondrement "est que l'auteur de ladite vidéo garde un esprit critique et parle bien de l'effondrement comme d'une théorie. Une attitude à noter puisque de nombreux apprentis collapsologues tournent vite en dérision les avis contraires et se mettent à s'étendre dans de longues logorrhées méprisantes parfois même insultantes dès que l'on critique leur pensée. L'auteur de la vidéo indique qu'il se penchera dans une future vidéo sur les critiques de la théorie de l'effondrement, nous espérons lui avoir fourni de quoi dire.

En l'occurrence je pense que l'heure est plutôt à l'optimisme et à l'espoir : tout ne va pas mal dans le monde (on n'a jamais été aussi longtemps en paix, le PIB par habitant augmente partout, la faim diminue, la pauvreté diminue, les émissions de CO2 baissent en Europe et les alternatives aux manières de faire actuelles existent, sont nombreuses, et se généralisent de plus en plus. De plus, nous pouvons résolument penser qu'une nouvelle génération de dirigeants politiques courageux et résolus à changer les choses en profondeur pourraient émerger. Nous nous batterons en tout cas pour que tel soit le cas. Et même si ça ne l'était pas les décideurs seront de toute manière forcés de prendre des décisions, ne rien faire et assister à un effondrement des sociétés leur serait évidemment bien plus préjudiciable que de faire même en s'opposant à des lobbys ou des statu quo. Statu quo qui se feront évidemment de plus en plus rares. Quand une ressource se raréfie les lobbys n'ont plus aucun poids face à l'envolée des prix qui favorise les sources alternatives concurrentes. Les compagnies pétrolières elles-mêmes commencent à investir dans des énergies vertes portées par le marché de l'électricité qui promet une croissance plus forte que le pétrole et le gaz…

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