Refroidir artificiellement la Terre


Refroidir artificiellement la Terre



Ainsi avons-nous présenté le réchauffement climatique et ses conséquences s'il n'est pas maîtrisé. Nous avons par la suite présenté une série de politiques à mettre en oeuvre pour ne pas avoir à modifier nos modes de vie drastiquement mais réussir à atteindre la neutralité carbone facilement.

En revanche, il a été démontré que même en éradiquant toute émission de gaz à effet de serre, les températures moyennes continueraient de grimper, tout comme le niveau de la mer. En effet, durant 100 ans au moins le CO2 continuerait de réchauffer la Terre. Le méthane reste 12 ans dans l'atmosphère, le dioxyde de carbone reste dans l'atmosphère durant environ un siècle, le protoxyde d'azote 120 ans, et plus de 50 000 ans pour certains gaz halogénés !
Vous vous dîtes peut-être qu'au moins la gravité du réchauffement climatique aura été un peu diminué et dans 100 ans tout ira bien.

Cela est vrai, si les politiques dont nous avons parlé ont été mises en oeuvre à temps. Que nous avons atteint la neutralité carbone.

En revanche, il y a un risque que le Pergélisol continue à fondre, relâchant ainsi de grandes quantités de méthanes et de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, contribuant dans un cercle vicieux à réchauffer grandement la Terre.
Contre cela il y a une réponse assez simple, nous pouvons utiliser les aspirateurs à dioxyde de carbone dont nous avions déjà parlé pour aspirer les émissions due à la fonte du pergélisol.

Cependant, si la situation est critique, et quand bien même cela a peu de chance d'arriver, il deviendrait peut-être nécessaire afin de sauver la société et de très nombreuses vies d'annuler purement et simplement le réchauffement climatique, c'est-à-dire de refroidir la Terre artificiellement.

Cependant, il convient de préciser que la Royal Society estime que même dans le pire scénario possible, le pergélisol ne pourrait contribuer à plus de 12% de l'élévation des températures en 2100. Le fait de chercher à comprendre comment refroidir artificiellement la Terre est donc plus un exercice de style qu'une vraie solution envisagée.

Comment annuler le réchauffement climatique ?

Annuler le réchauffement climatique signifie refroidir artificiellement la Terre. Présenté sous cet angle, ce projet peut paraître utopiste, ou carrément fantaisiste.
Et si nous vous disions que nous savons comment faire, que ça a déjà été fait et que cette solution est tout à fait faisable à notre niveau de technologie actuelle ? Ce ne sont pas des bêtises.

Réfléchir les rayons du Soleil

Les rayons du Soleil réchauffent la surface de notre globe. Ils sont les premiers responsables de la température sur Terre. Pour le mieux, car sans lui notre globe ne serait qu'un désert de glace.
Cependant, pour contrer le réchauffement climatique annoncé, une solution simple peut être de limiter le nombre de rayons de Soleil atteignant la Terre. Une diminution très faible, permettrait de résoudre tous nos problèmes.

Mais, comment procéder ? Nous présenterons trois solutions, de la moins envisageable à la meilleure.

a) Miroirs
La première solution ayant été proposée est la moins pertinente. Mais parlons-en tout de même. L'idée est simple : envoyer des miroirs dans l'espace pour gérer le rayonnement solaire. Ainsi, ces miroirs en orbite réfléchiraient les rayons du Soleil et diminuerait la température sur Terre.
En revanche, cette idée est trop futuriste : le CNES a jugé cette solution impossible d'ici 30 ou 40 ans du fait de l'énorme quantité de manière à envoyer dans l'espace.

Intéressons-nous donc à de meilleures solutions :

b) Saler les nuages

La pulvérisation d'eau de mer dans l'atmosphère pourrait en effet avoir des effets très bénéfiques. Une étude finlandaise publiée dans le Journal of Geophysical Research Atmospheres montre par des simulations climatiques que les particules de sel dans l'atmosphère permettraient de renvoyer une quantité plus importante de radiations solaires, et que le sel dans le nuages rendraient ces derniers plus réfléchissants. C’est ce que veut obtenir le projet Silver Lining, avec une flotte de navires injecteurs de sel marin, pour augmenter leur éclaircissement, donc leur réflectivité
Ainsi le climat terrestre pourrait être grandement refroidi.
Le hic de cette méthode est que nous ne connaissons pas à l'heure actuelle les conséquences d'une introduction massive de sel dans l'atmosphère, en particulier sur le cycle de l'eau.
Cette méthode devrait donc être étudiée plus en profondeur avant d'être envisagée.

c) Aérosols

Voici la méthode la plus prometteuse de toutes : la pulvérisation d'aérosols dans la stratosphère.
Pour comprendre les bases de cette technique, il faut comprendre qu'il existe plusieurs familles d'aérosols :
On distingue 2 fois 2 familles d'aérosols :

  • les aérosols réfléchissants (ex : gouttelette acide riche en SO4 2-) à opposer aux aérosols absorbants (ex : les particules de carbone ou de silicates)
      • Les aérosols réfléchissants, dans tous les cas, refroidissent les couches de l'atmosphère qui les contiennent, ainsi que les couches sous-jacentes.
      • Les aérosols absorbants réchauffent les couches de l'atmosphère qui les contiennent, mais refroidissent les couches sous-jacentes.
  • les aérosols troposphériques à opposer aux aérosols stratosphériques .

Les aérosols émis par les grandes éruptions volcaniques (Pinatubo par exemple, nous y reviendrons) sont stratosphériques et réfléchissantes, car riches en acide sulfurique : ils refroidissent donc la troposphère.

Les aérosols liés à l'industrie ou à l'augmentation des sols dénudés (mécanisation de l'agriculture, désertification…) sont des aérosols non réfléchissants, et situés dans les basses couches de la troposphère. Ils réchauffent donc ces basses couches troposphériques, là où nous vivons et où est mesurée la température.

Ici, il serait donc question de pulvériser des particules aérosols réfléchissantes (qui réfléchiraient les rayons du Soleil et diminueraient donc la température de la Terre).
Il s'agit d'une technique dont nous avons pu prouver l'efficacité : Après l'éruption du Pinatubo en 1991, les cendres projetées dans l’atmosphère ont assombri et ont refroidi la terre d’environ 0,5°C, le temps que les cendres retombent au sol, soit plusieurs mois. Comme nous l'avions précédemment rappelé, il s'agissait d'aérosols stratosphériques et réfléchissantes.

Olivier Boucher, physicien, déclarait "c’est une certitude que si on arrive à injecter en assez grandes quantités ces particules dans l’atmosphère, on pourra refroidir la planète de 2 à 4°C".
Cette technique a déjà été testée dans la stratosphère à petite échelle, et s'est révélée efficace.

Mais quelles particules utiliser ? Il suffirait d'utiliser un carbonate de calcium bien connu : la calcite. C'est ce que préconise un groupe de chercheurs états-uniens de la Harvard John A. Paulson School of Engineering and Applied Sciences dans une étude publiée dans la Proceedings of the National Academy of Science (PNAS).

Pourquoi utiliser cette particule de calcite ?

Le calcite permet de réfléchir vers l'espace une partie des rayonnements, mais également de détruire les substances qui s'attaquent à la couche d'ozone. Ainsi non content de refroidir la Terre en annulant purement et simplement l'effet de réchauffement climatique, le recours au calcite permet de réparer la couche d'ozone.
La pulvérisation de calcite dans la stratosphère ne serait pas très coûteuse. Elle serait réalisée progressivement afin d'éviter un choc thermique trop important. Quand bien même, ce choc thermique serait bien moins grave que celui d'un réchauffement climatique comme annoncé.
A noté que la pulvérisation d'aérosols peut entraîner de légers dysfonctionnements au niveau des précipitations. Ce qui est en rien un problème, étant donné que l'on sait depuis longtemps maîtriser la pluie.

Il nous faut donc prendre cette solution très au sérieux. Nous avions tantôt expliqué pourquoi il était raisonnablement impossible de penser régler le problème du réchauffement climatique seulement en espérant un changement drastique, radical, et liberticide de nos modes de consommation et de production qui n'arrivera jamais ou ne suffirait même pas à régler le problème qui se pose. Ce faisant, la pulvérisation de calcite dans la stratosphère, sans danger pour les humains y compris en retombant, est une solution idéale qui doit être sérieusement envisagée. Et qui repose sur des observations concrètes et de très solides bases scientifiques. Etant donné que nous savons de par des observations directes que nous avons réalisées que cela marcherait.

III. Conclusion

Ainsi avons-nous vu qu'il existait des techniques, notamment celle de la pulvérisation d'aérosols qui permettent à l'humanité de pouvoir refroidir artificiellement la Terre, sauvant ainsi de nombreuses vies, humaines comme animales, et permettant d'éviter des catastrophes majeures.

Mais encore une fois, elles ne sont pas une excuses pour ne pas tout d'abord réduire nos émissions de gaz à effet de serre (ce qui est assez simple à faire et qui peut être fait sans changements si drastiques de nos modes de vie qu'ils seraient inconcevables, rappelons-le) ! La géo-ingénierie dont nous avons parlé sur cette page implique de modifier à grande échelle le climat terrestre. Elle présente beaucoup d'avantage mais ne connaissant pas encore toutes les finalités, elle pourrait se révéler dangereuse. Ainsi elle ne doit rester qu'un plan B au cas où des politiques pour s'orienter vers une économie verte n'ont pas été prises à temps et que la fonte du pergélisol a entraîné le monde dans un cercle vicieux de réchauffement continu quand bien même ledit pergélisol ne pourrait, selon différentes études scientifiques publiées par la Royal Society, contribuer à plus de 12% de l'élévation des températures en 2100 maximum.

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